La Galice veut une part des EMR en Europe

ASIME, le puissant syndicat de la métallurgie de la Galice a tenu son 1er Forum sur le développement des énergies renouvelables de la mer et les retombées industrielles potentielles pour ses adhérents.

La 1era CONFERENCIA INTERNACIONAL DE ENERGÍA OFFSHORE – programme ICI, s’est tenue les 10 et 11 oct. à Vigo. Marine Renewable Energy Ltd animait l’atelier sur les EMR.

L’association représente 800 entreprises soit 90% des emplois de la réparation navale, de l’automobile, des constructions mécaniques, métallurgiques …. ASIME souhaite que les entreprises membres trouvent des débouchés dans le secteur des EMR. Si c’est le cas pour certaines d’entre elles qui travaillent pour Acciona, Iberdrola, Gamesa … nombreuses sont celles qui estiment que les donneurs d’ordre privilégient les entreprises locales des pays dans lesquelles ils mènent les investissements, comme souvent les contrats l’exigent.

Pour saisir les opportunités et sensibiliser les donneurs d’ordre, ASIME a invité les grands énergéticiens et entreprises espagnols à intervenir. Iberdrola Renovables a présenté ses actions au Royaume-Uni, plus particulièrement la ferme éolienne offshore West of Duddon Sands (ICI) cofinancée par la filiale de Iberdrola – ScottishPower Renewables, avec Dong et équipée cent huit turbines de 3.6 MW de Siemens.

Gamesa qui mène les essais de son éolienne offshore de 5 MW avec un rotor de 128 m de diamètre au port d’Arinaga au Grande Canarie (7/05/2012 mer-veille.com et 8/05/2012 energiesdelamer ICI ne cache pas que sans une locomotive « Etat – IBERDROLA » les entreprises sous-traitantes et les fournisseurs auront du mal à s’imposer.

Le port de la Coruna, deuxième ville portuaire de la Galice souhaite servir de base pour la fabrication des EMR et offre un tirant d’eau de 18 m., beaucoup d’espace et une facilité d’accès exceptionnel. Le port de Vigo qui comprend de nombreux chantiers navals est actuellement en total sous capacité. Marine et Océans et l’AFP avaient interviewé en juillet 2013 Alberto Iglesias, patron du chantier naval MetalShips à Vigo qui a construit des navires de service pour le offshore pétrolier commandés par Technip ou Bourbon fonctionne à 50% grâce à une commande américaine. Il craint « que plus personne ne vienne construire de bateau en Espagne à la suite des demandes de remboursement réclamées par la Commission européenne ». Il reconnaissait que « le secteur allait très mal » depuis que Bruxelles avait suspendu en 2011 les aides publiques dont bénéficiait le secteur. Depuis le 17 juillet dernier, la Commission européenne peut demander le remboursement des aides reçues de 2005 à 2011 sous forme d’avantages fiscaux, soit près de 3 milliards d’euros. Cette pression met les chantiers navals espagnols, qui emploient 87.000 personnes en risque de mort certaine d’après les différents syndicats et autorités. La plainte avait été adressée par les Hollandais qui estimait que l’Etat espagnol avait priviliégié son industrie indûmment

Si l’on sillonne la baie de cette ville côtière du nord-ouest de l’Espagne, beaucoup de grues sont à l’arrêt: « aucun bateau ne sort des chantiers », avait témoigné Manuel Simon, secrétaire du secteur de la métallurgie au syndicat CIG de Vigo en juillet dernier et la situation ne s’est pas améliorée. Peut-être une éclaircie possible avec l’éolien flottant …. car les géographiques et atmosphérique de la Galiceb y sont favorable. En effet, le démonstrateur WindFloat de Principle Power qui se trouve au Portugal n’est seulement qu’à 100km et attire les regards. Maintenant, quel sera le pouvoir de la Galice pour obtenir un champ d’éoliennes flottantes au large de ses côtes, la question reste entière. Le prochain projet Principle Power est au Portugal avec le concours de l’espagnol REPSOL – détail qui plait peu en Galice.

ASIME a donc pris comme option de soutenir les entreprises de Galice et d’offrir des conditions avantageuses pour les opérateurs… Seulement ce qui a été régulièrement soulevé, est que tant que la politique européenne de l’énergie et des énergies de la mer sera inexistante, les différents pays joueront nationalisme, protectionnisme ce qui met enexorablement en danger l’ensemble de la filière européenne des EMR face à des concurrents puissants de pays outre Atlantique et Pacifique par exemple. L’Ambassade de Grande-Bretagne a été très entreprenante envers les entreprises galiciennes. « Si vous êtes moins chères, vous êtes les bienvenues » n’a cessé de marteler Marrianne Carlin et Justine Winterburn de l’Ambassage de Grande Bretagne à Madrid….

Alors, il faut peut-être se souvenir que très récemment au Havre, lors du Colloque du SER (ICI) Daniel Fidelin député de Seine Maritime, vice-président de la CODAH et maire de Mannevillette” a appelé de ses voeux la création “d’un EADS de la Mer” ….

Christopher Longmore COE Marine Renewable Energy et Christopher Willow Senior Associate de BVG qui animaient l’atelier ERM soulignent que c’est aussi ce qui a été sous-entendu à Vigo.

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